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Mon bébé et les microbes : amis ou ennemis ?

  • 28 mars 2025
  • 4 min de lecture

Ces petites créatures invisibles qui suscitent autant d’angoisses que d’interrogations attirent notre attention dès lors que vous mettez au monde votre petit bout. À peine bébé pointe-t-il le bout de son nez que son entourage entre en guerre contre ces envahisseurs microscopiques. Mais faut-il vraiment les traquer sans relâche, ou bien leur laisser une petite place dans la grande aventure du développement immunitaire ?



Mission impossible : une vie sans microbes


Soyons clairs : vouloir éradiquer tous les microbes autour de bébé, c’est comme vouloir empêcher une cuillère de tomber quand on apprend à manger seul. Impossible ! Dès la naissance, bébé est exposé à un véritable festival de bactéries, et c’est tant mieux ! Son système immunitaire, encore novice en la matière, a besoin de ces rencontres pour apprendre à se défendre.


Certains parents, animés par un zèle désinfectant, transforment leur maison en laboratoire stérile. Lingettes antibactériennes à la main, ils traquent chaque centimètre carré suspect. Pourtant, les études montrent qu’un environnement trop aseptisé peut avoir l’effet inverse : un système immunitaire sous-stimulé devient plus fragile face aux infections et même aux allergies.



Les vrais coupables : microbes vs super-microbes


Attention, tous les microbes ne sont pas à mettre dans le même panier (de linge à 90°). Il y a les gentils – ceux qui peuplent notre flore intestinale et aident bébé à digérer son petit pot de carottes – et les méchants – ceux qui traînent sur les poignées de porte des aires de jeux et cherchent un hôte à faire tousser.


L’idée n’est pas de jeter bébé dans un bac à sable douteux en mode « immunité Spartan Race », mais d’adopter un juste milieu. On lave les mains après être allé au parc, mais on ne panique pas s’il goûte une poignée de terre. On évite le bisou baveux du cousin enrhumé, mais on laisse bébé explorer son environnement.



Les alliés du système immunitaire de bébé


Plutôt que de lutter contre les microbes à coups de produits désinfectants ultra-agressifs, on peut aider bébé à développer ses défenses naturelles :


L’allaitement (si possible) : il fournit des anticorps et booste l’immunité.

Une alimentation variée : les fibres nourrissent les bonnes bactéries intestinales.

Le contact avec la nature : jouer dehors, toucher la terre, voir des animaux… tout ça renforce ses défenses.

Un bon sommeil : le manque de sommeil affaiblit l’immunité.



Conclusion : microbes, nos ennemis intimes ?


Plutôt que de déclarer la guerre aux microbes, apprenons à vivre avec eux intelligemment. Bébé a besoin de s’exposer pour mieux se défendre. Alors oui, il attrapera des rhumes, oui, il portera tout à la bouche, et oui, il vous fera partager ses virus avec une grande générosité. Mais tout cela forge ses défenses, et un jour, c’est lui qui vous dira en souriant : « Tu veux un câlin ? Promis, je suis pas malade. »




Pour aller plus loin :

Voici quelques études et sources scientifiques qui viennent appuyer ces arguments :


1. Un environnement trop propre augmente le risque d’allergies et d’asthme


Étude : "Hygiene Hypothesis" – Strachan, 1989

David P. Strachan a formulé l’hypothèse hygiéniste, selon laquelle un environnement trop stérile dans l’enfance augmente le risque de développer des allergies et de l’asthme. Il a observé que les enfants issus de familles nombreuses, plus exposés aux microbes de leurs frères et sœurs, avaient moins d’allergies.


Depuis, plusieurs études ont confirmé que l’exposition précoce aux microbes joue un rôle clé dans la régulation du système immunitaire et la prévention des maladies auto-immunes et allergiques.


Source : Strachan, D. P. (1989). Hay fever, hygiene, and household size.



2. L’exposition aux microbes dès la petite enfance renforce l’immunité


Étude : "Farm Effect" – Riedler et al., 2001

Une étude menée sur des enfants vivant dans des fermes a montré qu’ils développaient moins d’allergies et d’asthme que ceux vivant en milieu urbain. L’exposition précoce aux bactéries présentes dans les étables et le contact avec les animaux domestiques renforcerait leur immunité.


Source : Riedler, J., et al. (2001). Exposure to farming in early life and development of asthma and allergy: a cross-sectional survey.



3. Les enfants en crèche tombent plus malades, mais sont plus résistants plus tard


Étude : Ball et al., 2002

Une étude a montré que les enfants qui fréquentent une crèche contractent plus d’infections respiratoires dans les premières années de vie, mais qu’ils sont mieux protégés contre ces infections lorsqu’ils entrent à l’école primaire.


Source : Ball, T. M., et al. (2002). Siblings, daycare attendance, and the risk of asthma and wheezing during childhood. New England Journal of Medicine.



4. La flore intestinale joue un rôle clé dans l’immunité


Étude : Yatsunenko et al., 2012

Le microbiote intestinal (les milliards de bactéries qui peuplent notre intestin) est essentiel pour le développement du système immunitaire. Une diversité bactérienne insuffisante est associée à des maladies comme les allergies, l’obésité et certaines maladies auto-immunes.


Les bébés nourris au sein développent un microbiote plus riche en bifidobactéries, bénéfiques pour leur immunité.


Source : Yatsunenko, T., et al. (2012). Human gut microbiome viewed across age and geography.



5. Un manque d’exposition aux microbes augmente les maladies auto-immunes


Étude : Bach, 2002

Jean-François Bach a montré que l’augmentation des maladies auto-immunes (comme le diabète de type 1 et la sclérose en plaques) dans les pays industrialisés pourrait être liée à une baisse de l’exposition aux agents infectieux dans l’enfance.


Source : Bach, J. F. (2002). The effect of infections on susceptibility to autoimmune and allergic diseases. New England Journal of Medicine.

 
 
 

1 commentaire

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Membre inconnu
29 mars 2025
Noté 5 étoiles sur 5.

Merci pour ces infos ! Ca me rassure 😂

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